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 Memories belong to the past ♠ Siobhan

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Ciaràn Rushbury
Mutant 919


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MessageSujet: Memories belong to the past ♠ Siobhan   Jeu 20 Oct - 23:19




Il courait, pour échapper au danger qui le poursuivait. Ignorant de sa nature, ignorant de ce à quoi il pouvait bien ressembler, l'homme continuait à courir à perdre haleine, l'esprit fiévreux, le sang cognant brutalement dans ses tempes et le cœur battant à tout rompre. Il n'avait pas vraiment peur en réalité...Juste il sentait que quoi qu'ils puissent être, ils étaient plusieurs, et que leurs intentions n'étaient précisément pas amicales. Ils se rapprochaient jusqu'à qu'il puisse sentir leurs souffles dans sa nuque, jusqu'à ce qu'il puisse sentir leurs mains ou quoi que ce puisse être l'effleurer...Il pouvait entendre leurs murmures dans son dos, leurs rires médisants lui titiller les oreilles...

Il accéléra. Soudainement, pour les prendre de court. Et au milieu des ombres, il aperçut bientôt une ruelle sur le côté. Il s'y engouffra sans réfléchir, entrevoyant là un moyen de s'en sortir et de les semer. Autour de lui, de la saleté, une odeur nauséabonde...Il ne s'en préoccupa pas et continua d'avancer. Il allait les semer, il le fallait.

Il aurait quand même voulu savoir qui ils étaient. Une seconde, c'était tout ce dont il avait besoin...Une simple seconde qu'il s'octroya. Et il tourna la tête, l'espace d'un instant, ralentissant malgré lui sa vitesse.

Ce fut à ce moment que quelque chose se jeta sur lui...Il ne vit rien, juste la noirceur d'une forme et il tomba à terre, percuté de plein fouet...



*****

Ciaràn ouvrit les yeux, s'arrachant brutalement à ce songe désagréable. Il resta quelques instants immobile, le temps de comprendre ce qui s'était passé et de reprendre une respiration normale. Il n'était dans aucune sombre ruelle...juste dans son lit, couché sur le côté, la tête posée sur l'oreiller, les mains à hauteur du visage. Face à lui, dans la semi-pénombre, le mutant pouvait apercevoir la forme familière de Siobhan à ses côtés. La jeune femme dormait paisiblement et n'avait pas l'air de l'avoir entendu bouger. Tant mieux.

Ce n'était pas le premier cauchemar. C'était même devenu une habitude dernièrement. Depuis qu'il s'était réveillé dans cette froide chambre d'hôpital sous les yeux soulagés de son frère et de sa petite amie, les nuits calmes s'étaient faites plutôt rares. Au moins, il ne se réveillait plus en hurlant, le corps couvert de sueur...Au moins, il parvenait à se contrôler. Mais le malaise persistait, la sensation désagréable que ses songes n'étaient pas dus au hasard le tiraillait. Et surtout, la frustration. Celle de ne pas savoir. Ce n'était pas la première fois qu'il rêvait qu'on le poursuivait, ni la première fois qu'il cherchait à apercevoir le visage de ses assaillants...ni qu'il échouait.

Ses rêves avaient une signification, il en était presque sûr. Simple détail, plutôt agaçant: malgré tous ses efforts pour retrouver la mémoire, il ne parvenait pas à comprendre.

Il soupira. Il n'aurait probablement pas plus de réponses aujourd'hui qu'il n'en avait eues dans les dernières semaines. Doucement, le mutant s'arracha à ses sombres pensées pour se concentrer sur Siobhan. Du regard, il détailla les traits fins du visage, sa peau pâle et son teint de porcelaine, ses longs cils gracieusement courbés, les longs cheveux qui encadraient son visage...Pendant de longues secondes, il ne fit rien d'autre que d'écouter sa respiration tranquille. D’un geste lent et mesuré, il approcha la main de son visage et caressa sa joue, frôlant avec délicatesse la peau douce de ses doigts. Cette femme, Ciaràn la trouvait belle et attirante, il avait des sentiments pour elle. Mais...aurait-il dû ressentir quelque chose? Quelque chose de plus fort? Elle lui avait dit qu'elle l'aimait, elle s'était occupée de lui depuis qu'il s'était réveillé et il se souvenait même de sa vie d'avant à ses côtés. Pas de tout mais suffisamment pour savoir que la jeune femme comptait pour lui. Sa gratitude aurait dû être plus forte. Son amour aussi.

Mais rien. Le mutant ne sentait presque rien, juste un grand vide teinté d'une simple pincée de tendresse.

Il soupira de nouveau et s'assit sur le côté du lit. Doucement, histoire de ne pas réveiller sa compagne et surtout de ne pas tirer comme un sauvage sur les câbles qui le reliaient aux quatre prises dans le mur. Quatre, chacune reliée aux différentes parties artificielles de son corps afin de recharger leurs batteries. Son passeport pour la survie désormais...Le mutant avait besoin de l'électricité comme certains avaient besoin des médicaments.

Un coup d’œil vers le moniteur sur le mur lui apprit que la charge était complète depuis cinq heures et que les batteries s'étaient mises en veille d'elles-mêmes pour éviter une quelconque surcharge. Lentement, l'homme porta la main gauche au niveau de son poignet droit et débrancha le câble, avant de refermer le petit boitier. Puis il répéta l'opération au niveau de sa cheville, de son foie et enfin de son cou. Le cou était sans doute l'endroit le plus délicat, celui où il peinait le plus à s'habituer à la sensation. L'illusion avait beau être parfaite, la peau souple et chaude, Ciaràn ne parvenait pas à oublier qu'il ne s'agissait plus de son propre corps, seulement d'un substitut. Et ça, c’était plus que perturbant.

Tout était perturbant. Avoir oublié grande partie de sa vie antérieure. Découvrir le fait de ne plus être le même et de ne pouvoir redevenir ce qu'il avait pu être. Voir de plus en plus souvent ce qu'il identifiait comme de la douleur et de la tristesse dans les yeux de sa bien aimée et comprendre qu'il en était seul responsable. Et enfin, accepter le fait qu'il n'était plus un humain à part entière. Trop, c'était trop de choses à endurer pour un seul homme. Il lui fallait du temps pour y parvenir, beaucoup de temps encore, en admettant qu'il puisse un jour s'habituer à tout cela.

Lassé, le télékinésiste se leva en silence, laissant les câbles trainer sur le lit, et il enfila un pantalon. Puis sans un regard en arrière, il traversa la chambre pour se rendre à la cuisine...

_________________




Dernière édition par Ciaràn Rushbury le Jeu 27 Oct - 12:03, édité 1 fois
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Lis'
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MessageSujet: Re: Memories belong to the past ♠ Siobhan   Lun 24 Oct - 0:53

    Le réveil n'avait pas encore sonné lorsque Siobhan ouvrit les yeux. A la place de Ciàran il n'y avait plus que les cables qui pendaient lamentablement. Elle glissa sa main jusqu'à la place qu'il avait occupé plus tôt, les draps étaient froid. Un sourire amer orna son visage encore mal réveillé. Il n'y a pas si longtemps c'était elle qui se levait la première et s'enfermait dans la salle de bain pour retarder au maximum leur confrontation. Aujourd'hui elle goûtait son propre poison, la vie vous renvoyait toujours vos erreurs de façon cruelle en pleine face. Elle poussa un soupire, au moins il était en vie. Ils étaient parvenus à le sauver. Mais à quel prix ? Au prix de cauchemars innombrables qui agitaient le sommeil de l'un, et réveillait l'autre. Ça c'était calmé, aujourd'hui elle ne se réveillait presque plus, l'être humain avait cette merveilleuse faculté de s'adapter à tout. Même à la détresse de son proche compagnon.

    Elle se tourna et éteignit l'alarme avant qu'elle ne s'active, les yeux rivés vers le plafond Siobhan se demandait encore ce qui avait pu se passer ce jour maudit. Le jour où elle avait bien cru le perdre, celui ou elle avait brutalement réalisé qu'il était encore là. Bien enfermé dans son mal être, totalement plongé dans son travail, elle avait oublié de prendre en considération celui qui aurait du être son mari. Il faisait parti du décor, il était le souvenir matériel d'un événement qu'elle voulait oublier. Et il avait fallut qu'il passe à côté de la mort, qu'elle soit face à son corps ensanglanté pour se rendre compte à quel point elle avait besoin de lui, à quel point il comptait. Elle glissa les doigts dans ses cheveux, les tirants vers l'arrière. Et maintenant ? Maintenant elle ne voyait que le vide dans son regard, là ou avant il y avait autre chose.

    Ça faisait mal. C'était douloureux comme un coup de poignard. Elle se redressa à demi et se recomposa une expression neutre. Se plonger dans son travail, jusque là ça lui avait toujours réussi, et depuis que Sully était parti, elle croulait sous les responsabilités. Elle se dirigea mécaniquement vers l'armoire attrapa tout ce qui lui fallait avant de se diriger vers la salle de bain. Un douche, brûlante, sèche cheveux, habillage, jupe droite, chemisier, cheveux tiré en arrière et chignon, maquillage. Se donner un air respectable, tout ce rituel sans lequel elle n'allait pas bien, ce rituel qui avait quelque chose de rassurant puisqu'il était le même depuis des années. Elle en avait besoin. Un regard dans le miroir elle lissa un pli imaginaire sur sa jupe, enfila ses talons et elle était toujours un peu nerveuse au moment de quitter la pièce. C'était le moment le plus dur.

    La cuisine était déserte, mais une odeur de café flottait dans l'air. La cafetière était encore chaude, elle sortie sa tasse et la remplis, s'il n'était pas ici, il était sur le balcon. Profiter des derniers beaux jours, comme avant. Se rappelait-il de ça ? Jusqu'à quel point sa mémoire était-elle endommagé. Elle chassa ses pensées sombre et alla sur le balcon. En effet, il était là, un sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'elle constata d'une voix calme :

    « Bonjour, tu es bien matinal. »

    Il faisait moins chaud qu'elle ne l'imaginait, mais ce n'était pas non plus insupportable. Sio posa la main sur son épaule et se pencha pour l'embrasser avant de prendre place face à lui.

    « Tu as réussi à dormir, un peu ? »


    Échange de banalité, sous couvert, une certaine inquiétude. Le besoin d'être rassuré aussi, sans doute. Il devait recharger des batterie, avait-il encore besoin d'autant de sommeil ? Toutes ses questions qui lui faisaient peur, où s'arrêtait l'humain et où commençait la machine ? Les mains autour de sa tasse de café elle plongea ses yeux dans les siens, tentant de sonder son regard pour y retrouver ce qui lui manquait tant.
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Ciaràn Rushbury
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MessageSujet: Re: Memories belong to the past ♠ Siobhan   Mar 25 Oct - 22:33

C’était tout de même fascinant de voir à quel point le cerveau et le savoir humains pouvaient repousser leurs propres limites. Et c’était même étrangement dérangeant à la fois. Aujourd’hui, on arrivait à un point où l’on gommait les limites de l’impossible, où l’on trompait la mort et où l’on bernait même la vie. A un certain point, il devenait difficile de discerner le vivant de ce qui ne l’était pas…Et il suffisait à Ciaràn de regarder sa propre main pour s’en rendre compte. La fausse main bien entendu. Un mélange de haine et de fascination, voilà ce qu’il éprouvait en la contemplant. Au-dessus de l’ossature et de la structure de métal, la peau artificielle n’était pas seulement un parfait trompe-l’œil pour un public non averti. Non, elle était également une quasi parfaite extension de son bras et de ses sens puisqu'elle était parcourue de capteurs divers qui lui permettaient de retrouver partiellement le sens du toucher. Par exemple, il pouvait sentir la chaleur de la tasse de café dans ses doigts. Ce n’était pas une sensation parfaite mais c’était déjà mieux que rien. Le toucher donc, sans les contraintes qui allaient avec : au moins, il n’avait plus à se préoccuper de la douleur. Néanmoins, il s’agissait là d’une maigre consolation en comparaison à ce qu’il avait définitivement perdu...

Il aurait donné n’importe quoi pour pouvoir revenir en arrière et retrouver de vraies sensations, quitte à se brûler les doigts sur sa tasse trop chaude.

A présent assis sur le balcon, le mutant s'arracha à la contemplation douloureuse de sa main et laissa son regard errer vers les formes géométriques et métalliques de Shangri-La. C'était son rituel à lui du matin, ou du moins l'un des rares aspects de sa vie d'avant qui n'avait pas changé. Alors que Siobhan ne perdait pas de temps pour se préparer avant de partir en courant, lui préférait s'accorder quelques minutes de solitude au calme, à contempler la ville et à se perdre dans ses pensées. Toutefois, depuis l'attaque, cela avait quelque peu changé: désormais la jeune femme s'attardait à ses côtés avant de partir travailler, chose qui n'était pas arrivée depuis des années.

Il aurait sans doute dû s'en réjouir. Se sentir mieux. Évidemment, de côté-là, c'était le zéro absolu.

Au loin, il entendit soudain une porte claquer, signe inéquivoque que Sio venait de se lever et qu'elle était partie se préparer. Quelques minutes plus tard, elle le rejoignait sur le balcon, habillée et maquillée, tirée à quatre épingles comme à son habitude. Il la salua et lui rendit son baiser, plus pour suivre la routine que par réelle envie.

- J’ai dormi un peu plus de quatre heures, je crois.

L'homme avait parlé d'une voix égale, comme si l'information était peu importante. Siobhan s'inquiétait souvent de savoir s'il avait bien dormi, elle voulait savoir comment il se sentait. Dans une autre vie, Ciaràn lui aurait sans doute menti pour ne pas l'inquiéter, il l'aurait rassurée sur le fait qu'il allait bien. Là, il se contentait d'énoncer la vérité tout simplement...De toute façon, est-ce que ses mots allaient changer quelque chose? Elle avait beau vouloir l’aider, il était seul face à ses soucis au bout du compte, seul face à ce vide qui l'envahissait. Et ni elle, ni personne, ne pouvait l'aider.

Elle le regardait. Sans doute espérait-elle qu'il parle. Au bout de longues secondes de silence, il se décida à prendre la parole.

- Tu es plus jolie les cheveux détachés.

Mauvais choix de conversation sans doute. Encore eut-il fallu qu'il s'en rende compte. Dans son esprit pourtant, il s'agissait d'un compliment, une simple façon de dire qu'elle n'avait pas besoin de tout ce maquillage et de tous ces artifices pour être belle. Pour n'importe quelle femme, cela pouvait sonner différemment...En réalité, c'était carrément désagréable à entendre. Le pire, sans doute, c'était l'intention que le télékinésiste semblait y avoir mis...il aurait commenté le temps ou n'importe quelle autre banalité, il y aurait sans doute mis autant d'entrain.

Soudain, ses yeux quittèrent les siens pour s'égarer de nouveau dans le ciel de Shangri-La...Cela lui arrivait parfois de perdre brusquement le fil d'une conversation, de laisser son interlocuteur en plan. Combien de fois avait-il détourné le regard, oubliant Siobhan alors qu'elle lui parlait? Et lorsqu'il revenait à la réalité, il ne pouvait que constater la douleur dans ses yeux...Une douleur que malheureusement, lui ne parvenait à comprendre.

Difficile de dire qui en souffrait le plus...



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Lis'
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MessageSujet: Re: Memories belong to the past ♠ Siobhan   Jeu 10 Nov - 23:40

    Quatre heures ? C'était presque un miracle. Parfois elle s'interrogeait sur ce qu'il pouvait faire, lorsqu'elle dormait. A quoi pensait-il ? Il lui arrivait de se réveiller en songeant qu'il était peut être parti, sans se retourner, sans remord en tirant un trait sur leur histoire. Siobhan ne savait si sa présence la soulageait ou ne faisait que nourrir la douleur qui la rongeait. C'était le soulagement qui prédominait, c'était du moins ce dont elle s'était convaincue. S'il était encore là, s'il rentrait à la maison c'est qu'une part de lui était encore attachée à elle. Du moins, elle espérait sincèrement que ça ne soit pas simplement par habitude, ou pire encore pour ne pas la blesser. Bien qu'elle ignore exactement si ce genre de sentiment pouvait encore l'étreindre. Elle but une gorgée de son café brulant qui passa mal à l'entente de sa constations lancé avec un désintérêt blessant. Il aurait pu utiliser le même ton pour dire la table avait un pied bancale, ou qu'il fallait racheter du lait. Certes, c'était un effort, mais c'était d'autant plus blessant qu'il avait du en fournir un pour trouver quelque chose à lui dire.

    «Je doute que se soit du goût du service d'hygiène de l'hôpital. »

    Son ton était froid, et elle avait reposé sa tasse de café. La gorge nouée mais totalement incapable de laisser transparaître un signe de faiblesse. Cette phrase trouvait tout de même un écho en elle, il le lui avait déjà dit, il y a ce qui lui paraît être des siècles. Mais sur un autre ton, sans détourner le regard. C'était presque une autre époque, celle ou il n'y avait pas de longs silences entre leurs phrases, un temps ou elle ne se sentait seule même quand il était là. Une nouvelle gorgée de café, cacher l'amertume par une autre plus agréable. Il était temps de changer de sujet, ravaler sa rancœur pour maintenant la douce illusion de la normalité. Et pour cela rien de mieux que la famille.

    « Tu as des nouvelles de Sully ? »

    Depuis qu'il était parti, et qu'elle avait repris ses responsabilités, elle n'avait guère eut le temps de le contacter, il était sans doute dans le même cas, mais c'était peut être différent pour son frère. Et puis le terrain était plus neutre. Parler d'eux ne faisait que mal, alors autant parler des autres, de son travail, de sujets qui ne lui rappelait pas dans quelle douloureuse situation ils étaient. Parfois elle songeait que Ciàran était réellement mort, et qu'elle devrait faire son deuil, mais elle ne le pouvait pas, pas quand elle voyait son visage lorsqu'il dormait, lorsqu'il continuait d'être là avec elle. Même si ce n'était plus que l'ombre de lui même, elle ne pouvait concevoir qu'il se soit fait lâchement tué. Personne ne le méritait moins. Elle s'était rendu compte qu'elle avait tout fait pour le perdre ses dernières années et que lui avait fait d'incommensurables efforts. Une patience d'or, quelque part elle avait l'impression que le destin, ou la vie se moquait d'elle. Lui renvoyait en pleine face son indifférence.

    Si elle avait plus attention avant. Mais avec des si, on ne s'en sortait jamais. Vivre le passé, se complaire dans la mélancolie ne servait à rien. Le passé ne reviendrait pas, il fallait avancer, et pourquoi peut être trouver un jour le moyen de lui rendre ses émotions. Mais est ce que se serait réellement une bonne chose, construire des sentiments, les programmer au mieux. Reconstruire cela n'étaient-ils pas aller trop loin ? Mais peut être également qu'il était déjà trop tard pour se poser la question.
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Ciaràn Rushbury
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MessageSujet: Re: Memories belong to the past ♠ Siobhan   Sam 26 Nov - 14:31

Effectivement, l’argument de l’hygiène pesait lourd sur la balance mais il n’expliquait pas vraiment tout aux yeux du cyborg. Sans doute son esprit et sa capacité de réflexion devenus quelque peu rigides n'étaient plus à même de discerner les subtilités du langage, de séparer ce qui était important de ce qui ne l'était pas. Les cheveux attachés, la tenue correcte, à la rigueur…Mais le maquillage ? L’espace de quelques secondes, l’esprit de Ciaràn s’attarda à trouver une réponse logique à ce mystère, avant de se perdre dans l’oubli. Très vite, il oublia ce qui l’entourait et surtout qui se trouvait près de lui. Il oublia aussi le changement dans la voix de la jeune femme, cette soudain froideur qu'il avait bien remarquée mais à laquelle il n'avait rien trouvé à répliquer. Conscient que quelque chose avait contrarié Siobhan, et qu'il en était probablement responsable...Mais il n'arrivait pas à enchainer sur autre chose. Finalement, c'était peut-être un réflexe inconscient de son cerveau, ou de ce qui en restait: au fond, c'était plus facile de "se perdre" autre part que de faire l'effort d'affronter les regards et les mots des autres.

Ce ne fut que lorsque la voix de Siobhan résonna de nouveau qu'il reporta de nouveau son attention sur elle. Sully? Oui, son frère lui donnait des nouvelles de temps à autre, tout en suivant son retour à la vie normale de près. Sans doute était-il l’élément le plus stable de la vie du cyborg, malgré le fait qu'ils se trouvaient à présent à des milliers de kilomètres l'un de l'autre, chose dont Ciaràn se contentait parfaitement. Peut-être que justement c'était plus facile parce qu'il n'avait pas à se confronter à lui tous les jours, comme il devait le faire avec Siobhan. Peut-être que parce que les souvenirs qu'il lui restait, les moments passés avec son frère et cet amour fraternel qui les avait toujours unis, étaient plus aisés et moins douloureux à supporter que ceux qui l’unissaient à la jeune femme.

Il ne savait pas, il ne cherchait pas à savoir.

- Il est parti pour Camelot avec Bimbo. Il cherche une créature…L’ogre des forêts, apparemment. Je ne sais pas ce qu’il va en faire mais il devrait rappeler en revenant. Enfin..lui ou Bimbo nous contactera.

Depuis qu’il avait quitté Shangri-La, l’ainé Rushbury semblait vivre à cent à l’heure, allant de droite à gauche, d’un bout à l’autre de la planète. Accompagné par cette jeune femme au regard froid et calme, une ancienne pilote de course. Sullivan lui avait parlé d’elle, lui avait dit qu’il l’avait sauvée, tout comme il l’avait sauvé à lui, mais Ciaràn n’avait pas tellement eu de détails. Néanmoins, il se posait des questions. Et même s’il n’en avait pas encore fait part à son frère, le télékinésiste était curieux de rencontrer cette femme. Parce qu'elle était comme lui, et parce qu'au fond de lui-même, il voulait savoir si tout ce qu'il ressentait, ou justement ne ressentait pas, était normal.

Il but une dernière gorgée de café, achevant ainsi sa tasse. Il n'avait pas envie de s'attarder. Inutile de demander l'heure, il la connaissait déjà et ce, sans avoir le moindre besoin de regarder la moindre montre. La prothèse cérébrale, directement connectée à son cerveau, la lui fournissait. Pratique. Effrayant et dérangeant également, du moins pour certains. Lui commençait peu à peu à s'y faire. Et l'heure lui indiquait également que d'ici peu, sa petite amie devrait partir pour ne pas arriver en retard à son travail. Ce qui lui laissait peu de temps pour ce qu'il avait en tête. Tranquillement, il se leva et attrapa sa tasse.

- Quand pars-tu pour l'hôpital? Je vais me doucher et si tu m'attends, j'aimerais que tu me laisses en passant. J’ai une séance ce matin avec Adrien.

Bien qu’il eut désormais repris le travail, l'homme n’avait pas pour autant suspendu ses rendez-vous avec le kinésithérapeute. Le travail et les efforts pour retrouver sa force et sa condition d’antan étaient primordiaux et il lui restait encore plusieurs semaines, voire mois, de suivi et d’entrainement pour revenir à ses pleines capacités. Ou du moins tenter, parce que techniquement, on ignorait si c'était vraiment possible. Il avait déjà demandé…Est-ce qu’il pouvait redevenir comme avant? La réponse restait invariable, quelque soit la personne : on ne savait pas, on ne pouvait pas être en être sûr et surtout, on préférait ne pas lui donner de faux espoirs. Mais Adrien semblait confiant : les résultats le prouvaient, Ciaràn avait fait d’énormes progrès en peu de temps et retrouver une bonne partie de ses capacités physiques.

- Je me débrouillerai pour rentrer, acheva-t-il.

Auparavant, ce genre de demande n'aurait quasiment jamais trouvé place dans leur vie. Ils étaient trop indépendants l'un de l'autre, chacun avec son propre moyen de transport et ses propres horaires pour s'adonner à une partie de covoiturage. Aujourd'hui, les choses étaient différentes...Entre autres, on ne lui avait pas encore rendu sa moto. Ou plutôt, on estimait qu'il n'était peut-être pas près à remonter dessus.

Des fois, il avait vraiment l’impression d’être un poids pour Siobhan. De bousculer son quotidien et ses habitudes. Elle ne s’en plaignait pas mais il ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'elle avait sûrement des choses plus importantes à faire que de s'occuper de lui. Il allait bien, il était sauvé, non? Évidemment, il ne semblait pas comprendre qu'elle passait sans doute plus de temps avec lui avant justement pour rattraper ce temps qu'elle pensait perdu. Mais ça, c'était désormais hors de sa portée.





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MessageSujet: Re: Memories belong to the past ♠ Siobhan   Aujourd'hui à 0:06

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